La pollution au moyen âge...
Une réalité quotidiennement vécue au moyen âge est la pollution, même si cela ne s'appelait pas ainsi, la situation était désastreuse avant que rois, princes et seigneurs laïques et ecclésiastiques ne prennent des mesures pour imposer des règlementations d'hygiène privée ou collective.
Le principal responsable de cette pollution ?l'homme...
En effet, au moyen âge, on défèque, on urine, on crache n'importe où au grand dam des passants.
L'homme satisfait ses besoins naturels à même le pavé, n'importe où dans la ville pouvant aller parfois jusqu'à sous les portails des églises...
On pouvait voir se faire vider par les fenêtres, pots de chambre, eaux sales et détritus.
La mauvaise conception des fosses d'évacuation et le nombre insuffisant des « lieux d'aisance privées et publics » n'améliore rien.
La présence d'animaux à même la rue ne fait qu'augmenter les problèmes, les déjections de porcs, volailles, chèvres, chevaux sont récurrentes et facilitent les transmissions de maladies.
Un autre type de pollution et non le moindre est la production de déchets importants dû a l'exercice de différents corps de métier comme les bouchers et les charcutiers qui pratiquent à même la rue, égorgent et dépècent sur le pavé inondés de sang, en absence d'abattoirs pourtant réclamés par les artisans.
Imaginez les riverains à la vue des rues infestées de vers, rats te insectes attirés par le sang liquide ou caillé, les tripes putréfiés, des peaux sanguinolentes, des quantités d'urines et de matières fécales déversés sur le pavé.
Mais aussi, étaient concernés les poissonniers, les tripiers, ciergiers et parfois même les barbiers chirurgien dont les cheveux et le sang des opérations finissaient inévitablement sur la chaussée.
Une autre pollution sévit au moyen âge, il s'agit de la pollution sonore.
Même si les nuisances de notre siècle n'existe pas encore (voitures, trains, etc....), il en existe d'autre à l'époque médiévale comme les animaux en libertés tel que les chiens errants sévissant en meute la plus part du temps, les porcs ou autres chevaux.
Les bruits des artisans qui travaillent, les marchands ambulants qui hurle pour accoster leur potentielle clientèle, les cris des enfants jouant dans la rue, la sonnerie des cloches d'églises, etc., etc., etc. ...
Tous ces bruits s 'additionnant et s'amplifiant grâce a la faible largeur des voies circulables et l'effet de résonnance que les habitations pouvaient créer devenaient vite insupportables.
Tout cela menaçant de plusieurs manières la santé public des citoyens, cela nécessitait avec urgences des prises de mesure.La mise en place d'une législation...
La mise en place de mesure comme :
-Le cantonnement des activités bruyantes, gênantes et polluantes dans des endroits ne nuisant pas aux habitants, améliore entre autre le problème.
-Dans certaines villes, on limite le nombre d'animaux possédés(Reims), voir on interdit leur présence(Moulins).
-Des amendes sont mises en place en cas de non respect de la législation.
-A Amiens, un cruel système de répression est mis en place concernant les porcs. Chaque porc « errant » dans la rue se verra amputer d'une patte et rendu a son propriétaire, tel quel, et une deuxième patte sera coupée en cas de récidive.
-L'abattage des chiens sans signe de propriété est ordonné.
-Les différents métiers se voient adopter une réglementation stricte, par exemple a Rennes les boulangers sont tenus de se faire couper la barbe et les cheveux une fois toute les trois semaines, de porter chemise propre et d'éviter de pétrir la pate si ses mains étaient «infectées d'ulcères ».
-L'aménagement de « tout à l'égout » plus élaborés qu'aux temps antiques sont créer fin XIIème-XIIIème siècle
-Des travaux de pavages sont entrepris dans les axes les plus fréquentésToutes ces mesures et bien d'autres encore amélioreront de beaucoup la situation.
Source : »la pollution au moyen âge » de Jean Pierre Leguay aux éditions Jean Paul Gisserot